Porn Immo

A ce titre accrocheur développé dans les médias américains sous le nom de Real Estate porn, il faut comprendre la volonté de qualifier des prospects addictifs aux visites immobilières sans intention d’achat ! Ce sujet est intéressant et sensible depuis quelques années. Je rappelle, et cela ne va pas nous valoriser, que le métier d’agent immobilier, donc d’intermédiaire ou d’entremetteur a été connu sous le nom de Proxénète (en 15è siècle -du latin; proxeneta « celui qui s’entremet pour un marché; courtier ») dans sa définition initiale.

Real Estate Porn: Carole King's Idaho Ranch and Cliffside Luxury in SoCal |  StyleCaster

Le magazine, L’Obs n° 2934 du 21/01/2021 dans son article intitulé : « Les obsédés des annonces immobilières », traite de l’addiction de certains particuliers, pour l’immobilier, la visite, le rêve voire un brin de mythomanie pour les plus excessifs d’entre-eux!

L’addiction peut débuter par le visionnage répétitif d’émissions de télévision traitant de la vente ou de la chasse immobilières. Elle se poursuit par le « léchage de vitrine », pour imager la vulgarité de notre titre, allant jusqu’à pousser les plus atteints à réaliser des visites, voire faire des offres d’achat sans jamais aller au bout !

On parle aussi de fantasme, en jouant un personnage aisé, parfois mythomane souhaitant impressionner une relation intime, lui laissant croire qu’il ou qu’elle a les moyens de se faire se plaisir. Ce peut-être aussi un plaisir d’y croire ou de sentir que nous sommes crédibles lorsque l’on parle de budget démesuré par rapport au sien!

André Breton avait une définition de la pornographie, en évoquant « l’érotisme des autres », c’est de cette vision que le titre trouve sa justification. Nous pouvons, parler alors de fantasme ou d’indécence à vouloir pénétrer dans l’univers de l’autre, de celui qui possède un bien atypique, ou de luxe ou d’une gamme supérieure à ce que l’on peut acquérir soi-même.

Le logement correspond à 3 aspirations majeures : Le besoin d’avoir un toit, la valorisation par le plaisir et l’exceptionnel. Les français sont sensibles à la propriété de leur habitat, certains on besoin de se loger, d’autres de se loger et d’être à proximité des lieux de plaisir ou de loisir, les derniers en plus, de posséder quelque chose hors normes !

A partir de cette dérive, qui touche également des vendeurs qui ne le sont pas réellement, il est évident que les particuliers ne peuvent pas être rassurés, c’est ainsi que les professionnels sont à l’évidence là pour pallier ce problème. Cependant, les plus doués passent à travers et il reste difficile d’être certains de la véracité du projet de celui qui l’expose !

A nous professionnels de l’immobilier d’appliquer des réflexes barrières, découverte du client, collecte de la pièce d’identité (comme l’exige la loi) demande de visite à remplir, etc., afin ne pas se heurter à ce type de désagrément, qui discrédite notre mission vis-à-vis du vendeur. L’excellence passe par l’exigence, la compétence mais aussi la confiance…